Le « Savoir être » n’est pas un sujet de formation pour nos universités et nos grandes écoles.

J’étais la semaine dernière au salon de l’Etudiant dédié à l’orientation post Bac. Je suis passé de stand en stand afin de demander des précisions sur différents programmes de formation : les universités, les écoles de commerce et les écoles d’informatique type EPITA.

Les grandes tendances sont clairement affichées. Outre la formation sur les compétences de base en fonction des cursus, l’accent est mis sur l’anglais et l’entrepreneuriat ! Pour les écoles d’informatique, elles insistent également sur la capacité à travailler en mode projet et en équipe (ce qui est un bon début…).

Reste que j’ai beau eu chercher un module ou même quelques heures sur le sujet du « Savoir être » en entreprise, j’ai été confronté à un quasi néant. Les écoles misent sans doute sur les nombreux stages qu’elles proposent dans leur cursus afin que nos jeunes se confrontent eux-même à ce sujet et s’en fassent leur propre idée.

J’identifie ici un risque majeur d’un rejet pur et simple du monde de l’entreprise d’un grand nombre d’étudiants, qui plus est des nouvelles générations qui arrivent (tous les parents des ados me comprendront) !

Je constate tous les jours au contact du terrain que certaines entreprises dysfonctionnent en raison d’un déficit majeur de savoir être et d’un état d’esprit qui n’y est plus. Parce que nous ne travaillons plus « avec » mais principalement « contre » les uns et les autres (et je parle bien entre collaborateurs de la même entreprise), d’une part les managers sont devenus protectionnistes, d’autre part les collaborateurs sont devenus individualistes. Le travail en équipe ne vaut alors que pour un service ou un département mais il n’est absolument pas orienté vers la réussite globale de l’entreprise.

Comment voulez-vous que nos jeunes acceptent de telles situations ! D’ailleurs, ils ne le font déjà plus, d’où le fait que certaines de nos entreprises souffrent parce qu’elles n’arrivent plus à attirer du sang neuf, de nouvelles compétences et de futurs talents. Il importe pourtant de miser sur les nouvelles générations de collaborateurs pour transformer les méthodes de travail et l’état d’esprit qui règne dans certaines de nos entreprises.

Il est important donc de leur apprendre d’une part, à travailler avec les « anciens » (qui ont parfois des raisons très légitimes d’être protectionnistes et individualistes), mais également à faire évoluer des comportements qui plombent la productivité et l’avenir de nos entreprises.

Par savoir être il faut entendre bienveillance, intelligence de situation, intelligence relationnelle et émotionnelle, empathie, leadership, curiosité, etc. Autant de qualités qui sont éloignées des matières dites « fondamentales », des méthodes, des modes projets et qui pourtant permettent d’aller tellement plus loin… ensemble.