L’e-mail, le fléau des entreprises

L’e-mail est un outil d’une grande hypocrisie qui permet à tout à chacun de s’exprimer tant sur le fond que sur la forme très directement, avec une certaine indélicatesse voire agressivité, qui n’aurait pas forcément existé dans le cadre d’une traditionnelle mais bien réelle discussion de face-à-face.

Nous avons tous fait cette expérience d’un décalage apparent entre le message quelque peu virulent envoyé́ par e-mail par un interlocuteur qui, une fois face à nous, faisait « magiquement » état de plus de nuances… Aux managers qui déclarent « vous avez un problème… parlez-vous ! » je me permets de leur dire qu’ils font une erreur s’ils pensent proposer une solution. Il faudrait déclarer « vous avez un problème… comprenez-vous ! ». Néanmoins, deux personnes de bonne volonté peuvent parfois rencontrer des difficultés pour se comprendre. C’est là qu’intervient le facilitateur, dans l’acception que nous lui donnons ci-après.

Le facilitateur dispose de deux « armes », d’une par la reformulation et d’autre part, l’aparté :

  • La reformulation consiste à formuler des pensées de façon plus claire sans dénaturer les propos de l’émetteur du message.
  • L’aparté (de l’italien aparte « à l’écart ») consiste quant à lui à tenir des propos sans qu’ils soient entendus par autrui. Dans une optique d’efficacité et de prise de décision, cela consiste à communiquer avec les membres d’une réunion de manière individuelle, en amont. Ainsi, une réunion devient quasiment une chambre d’enregistrement de décisions et non un échange d’idées informelles qui ne risque d’aboutir à rien de concret.

Un ou plusieurs facilitateurs dans les entreprises n’est pas une idée farfelue. En réalité des milliers de consultants externes sous couvert de leur mission de pilotage de projet, de transformation ou autres, jouent parfois ce rôle… Une dernière recommandation : au bout de 3 ou 5 e-mails, arrêtez les échanges et rencontrez-vous !