La crise est-elle devenue une zone de confort pour les entreprises ?

Alors que l’Insee nous annonce une hausse du Produit Intérieur Brut de 1,9% l’an passé, contre 1,1% en 2016, la croissance risque de surprendre les entreprises profondément ancrées dans des habitudes de contexte de crise.

 

Pour tous ceux qui ont entre 40 et 45 ans, leur vie a commencé dans un monde « en crise ». La crise du pétrole, la crise de l’immobilier, la bulle internet, les « Subprimes », les crises mondiales se sont succédées installant un contexte de défaitisme et de morosité durable dans lequel nous évoluons depuis des années.
De ce fait, des habitudes ont été prises. L’habitude d’un chômage continuellement ascendant, l’habitude d’indicateurs économiques daltoniens, l’habitude d’une Europe qui économiquement semblait bloquée en première, au mieux en seconde.

Et puis voilà que l’Insee confirme ce que l’on a tous perçu en 2017 dans nos entreprises respectives. Une année folle, chargée, peu importe le qualificatif, clients comme fournisseurs tout le monde a bien senti que quelque chose se produisait et que le rythme était clairement en train de s’accélérer. Pas le temps de réfléchir, nous nous sommes mis en position de cycliste et la tête dans le guidon, nous avons travaillé sans compter pour répondre à cet espoir d’une croissance retrouvée.

Mais que ce fût difficile !

 

Force est de constater que les organisations et les équipes n’étaient pas (plus) dimensionnées pour répondre à l’accroissement significatif de l’activité, qui plus est dans un contexte de transformations (digitale, organisationnelle, comportementale, etc.).

Si l’on ne peut reprocher à qui que ce soit et en premier lieu aux entreprises, de ne pas avoir vu venir ce regain de croissance, force est de constater qu’elles avaient fini par maîtriser le contexte de crise, par apprendre à s’y mouvoir, et même à y croître ! Certains considéraient d’ailleurs que ce qui était appelé « crise », était en réalité devenu une situation économique normale frappée à cycle régulier par des explosions de bulles…

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Mais les organisations sont devenues rigides, les dysfonctionnements internes étaient tout juste challengés par la concurrence ou les consolidations de secteur, mais pas par la croissance de l’économie et « last but not least », les équipes internes gardiennes de la connaissance des métiers et des processus ont été parfois réduites à l’extrême.

Si la croissance se poursuit (ce qui n’est pas encore vérifié), nous allons entrer dans une nouvelle phase de transition (encore une), dans laquelle les entreprises vont devoir réapprendre à mettre en place des organisations suffisantes et pérennes pour soutenir leur développement, sans crainte d’un retournement brutal de l’économie.

Elles vont devoir le faire avec de nouvelles exigences et en premier lieu avec agilité et réactivité.

Devant les dysfonctionnements générés par l’accélération du rythme en 2017, nous avons trop souvent été confrontés à l’incapacité des entreprises à prendre des décisions rapides, à embaucher tout aussi rapidement des talents, mais aussi de se remettre en question. Plus que jamais, nous avons été confrontés à la litanie des « c’est comme ça depuis toujours », « ce n’est pas de notre faute », etc.

 

Vous pensiez que la transformation n’était que digitale, si une nouvelle ère de croissance se confirme, c’est l’entreprise dans toutes ses composantes qui va devoir se réinventer dans un nouveau monde économique et technologique. Plus que jamais nous vivons une époque formidable !